Non, il ne s’agit pas de la mienne, bien sûr, puisqu’elle
est restée en France.
J’ai profité du fait que Paulina allait rendre visite à sa
mère, qui vit à Santiago, pour m’y rendre aussi. Ainsi nous avons fait le
voyage ensemble.
Le vendredi soir, j’ai dormi chez elle. Samedi midi, je me
suis retrouvée chez Hector, le grand-père maternel de Camilo. Je l’avais
contacté deux jours avant, pour lui dire que j’aimerais lui rendre visite.
Chez Hector, il y a sa compagne Ketty, son fils José Gabriel
et sa fille María Jesus. Pour l’occasion, un autre de ses enfants, Pablo, est
venu, apportant sa charmante épouse Lorena, et trois de leurs cinq enfants,
Camila, Javier et Gabriel, et du bon poulet rôti prêt à déguster.
C’est ainsi que nous commençâmes une interminable
après-midi, sur les coups de deux heures, avec du poulet, du riz, de l’avocat,
des tomates, de la mayonnaise, du bon pain et surtout du bon vin. Le repas ne
s’est jamais vraiment terminé, puisque nous sommes restés autour de la table jusqu’à
22h. Entre temps, petite pause dessert glacé/café, puis la fameuse once, avec
gâteau type forêt noire (vous aviez encore faim, n’est-ce pas ?), pain
chaud, fromage, et l’inévitable tecito (petit thé).
Bien sûr, pendant tout ce temps, aucun verre n’est resté
vide plus de dix minutes. Il y avait des liquides variés servant à les remplir,
tels que du pisco sour, de la bière, du vin rouge, du vin blanc.
En début de soirée, tout le monde s’est retrouvé dans le
salon. Gabriel a mis de la musique, d’abord des airs de cumbia, puis un best of
de Juan Luis Guerra. J’ai dansé du merengue, donc, comme toute la famille, sans
complexe et avec un grand sourire figé sur le visage.
La suite s’est déroulée dans la cuisine, de nouveau, avec
une guitare cette fois. LA fameuse guitare. Ils m’ont forcée à jouer quelque
chose, j’ai joué quelque chose. Très vite, j’ai passé l’instrument aux jeunes
assis à côté de moi, à savoir Gabriel et Maria Jesus. Et c’était parti pour une
bonne heure de chansons, latino-américaines pour la plupart. Un régal. Les
dernières étaient a capella, car personne ne savait les accompagner à la
guitare.
Ecoutez la chanson Ojalá de Silvio Rodriguez,
vous aurez un aperçu des émotions qui ont pu se dégager lorsque Lorena et
Gabriel l’ont chanté. Sans fausse note et avec une voix superbe. Et ils n’ont
pas fait la Star Academy.
Samedi soir, c’est donc vers deux heures du matin que je
suis tombée dans les bras de… Morphée (qu’aviez-vous imaginé ?). J’ai
dormi chez Pablo et Lorena. Et j’ai passé les quelques heures du dimanche avec
eux, à discuter, éplucher des patates, manger, discuter, admirer encore et
encore la difficulté d’être parent quand le petit dernier réclame du lait et
qu’il met trois heures à le boire, faisant des grimaces de protestation et
surtout de provocation à sa mère et à son père, dont la virilité ne saurait
rimer avec autorité pour cette petite crapule de trois ans d’âge.
La journée a été raccourcie par le changement d’heure,
puisque nous sommes passés à l’heure d’été cette nuit. Oui, maintenant, et
encore pour quelques jours, il n’y a plus que 5 heures de décalage avec la France.
Que de moments agréables vécus cette fin de semaine. Encore
et toujours plus de chaleur humaine, de simplicité, de générosité, de musique,
d’humour, toujours plus d’enrichissement.
Inutile de préciser que je retournerai à Santiago, pour
finir de découvrir la famille de Camilo, car il reste encore du monde, et pour
continuer à partager des tranches de vie avec ces gens que j’apprécie déjà
beaucoup.