Il était une fois Mendoza, au bord du cœur de l’Argentine. Il
était une fois six Chiliens : Paulina, Marcela, Monica, Fernando, Nicolas
et Matias. Il était une fois une Française, Céline.
Ils vécurent heureux l’espace d’un week-end, dans une petite
ville accueillante et bondée de monde en ce week-end de trois jours pour les
Chiliens (le 9 octobre est férié en souvenir de la découverte de l’Amérique par
Cristophe Colomb).
On a donc pris un car de Valparaiso à Mendoza, en passant
par la frontière argentine. Comptez au moins une heure de formalités pour les
gens en car, et plutôt deux ou trois pour les gens en voiture.
Devinez qui j'ai rencontré en montant dans le car à
Valparaiso ? Thomas, un gars de l'INSA, et plus précisément de ma promo. Il est
arrivé en juillet, du coup il avait plein de choses à me raconter et on a
discuter tout le long du trajet. Il est absolument enchanté de son séjour.
On est arrivé vendredi soir, aux environs de 23h au terminal
de bus. Le premier objectif était de trouver un endroit pour dormir, ce qui à
tous ne nous paraissait être qu’une simple formalité, étant donné qu’il paraît
qu’à Mendoza l’hébergement est facile à trouver et peu coûteux. Résultat des
courses, on a parcouru la moitié de la ville à pied, sollicité une bonne dizaine
de maîtres d’hôtels sans succès. A deux heures du matin, enfin un hôtel nous
propose deux chambres… Il avait encore de la place parce que c’était cher,
évidemment.
Ensuite on est allé mangé et boire, puis boire, dans un bar
du centre ville. Je me souviens des évènements jusqu’à environ 4h, après j’ai
dormi sur la table du bar. On a du rentrer vers 5h30 ou 6h, puis dormi comme
des masses jusqu’à 10h, heure à laquelle on devait libérer les chambres (merci,
hein ! sympa l’excursion, au prix où ça coûte !).
Samedi midi (enfin, quand je dis midi, depuis que je suis en
Amérique latine, c’est plutôt 14 ou 15h), on est allé manger dans le restau le
plus fameux de Mendoza, Las Tinajas, qui propose un buffet à volonté pour 18
pesos argentins (disons 5 euros à tout casser). Ce qui devait arriver arriva,
on ne pouvait plus bouger à la fin.
Samedi soir, soirée sympa à l’hôtel, avec tous les autres
étudiants. Il y avait des Espagnols, surtout. Autour de deux trois bouteilles,
voire quinze vingt, on a fait des jeux rigolos (comprenez des jeux où plus on
perd, plus on boit, et plus on boit, plus on perd). Et ça s’est fini en
chansons, ce qui a eu le don de relever l’intérêt de la soirée.
Au bout d’un moment, les gens ont eu envie d’aller danser.
Il y a un Espagnol qui a dit « Ouais, y a une discothèque à Chagras, il
paraît qu’elle est super ! Allez on y va ! », et tous les jeunes
« Ouaiiiis ! On y va ! » tous en chœur. Vous savez comment
sont les jeunes. On est parti en taxi par groupes de quatre, parce que Chagras
était à une demi-heure de route de là où on était. On arrive là-bas, bonne
ambiance, beaucoup de monde, de la musique…
Mais ce que personne ne savait avant de partir, c’est que
pour entrer dans la discothèque, il fallait avoir 22 ans et toutes ses dents,
et surtout des papiers pour le prouver (passeport ou carte d’identité, la radio
de la mâchoire étant facultative). Donc entre ceux qui n’avaient pas l’âge,
ceux qui n’avaient pas de papiers, et ceux comme moi qui avaient l’âge,
les papiers mais pas d’argent… C’était pas gagné, vous dites-vous. Et
effectivement ! On est rentré comme on est venu, et c’était parti pour un
bon gros dodo. Roulez jeunesse !
Dimanche midi, retour au restau, pour goûter la spécialité
locale, la parrilla. En fait, c’est de la viande de diverses sortes cuite sur
une grille. Il y a du bœuf, du porc, parfois du poulet. On mange ça avec des
salades à composer soi-même. La viande argentine a toutes les qualités :
elle est tendre, savoureuse, abondante et bon marché.
Le dimanche soir, rebelote. Barbecue à l’hôtel. Oui, l’hôtel
ressemblait plus à une auberge de jeunesse, avec des dortoirs de 8 à 16 lits,
des lits superposés sans échelle, et des fois tu te réveilles la nuit et
t’essaie de deviner d’où provient le ronflement le plus fort parmi les cinq que
tu distingues… Mais tu y arrives pas, et c’est pareil pour les odeurs de pieds.
C’est une auberge prévue pour les jeunes, avec bière en libre service à 2
pesos, table de ping-pong, piscine, barbecue, cuisine équipée collective… Bref,
chouille à volonté.
Retour chaotique à Valparaiso, lundi. En bon groupe de
Chiliens, on est arrivé en retard pour monter dans le car. Mais c’est un
détail.
Une heure et demie après le départ, une grosse fumée noire
sort du pot d’échappement, visiblement un souci mécanique. Le car n’a jamais pu
repartir. On est restés pendant 5 heures à attendre qu’un autre car veuille
bien venir remplacer l’autre. On était au milieu de nulle part, genre la route
66. Avec les Andes en point de mire.
On est reparti comme si de rien était avec un autre car de
la compagnie « El Rapido internacional » qui porte si bien son nom…