Non, je ne pouvais pas rater cette occasion unique. D’avance, je tiens à m’excuser auprès de tous les amoureux du football, car je ne vais pas être très tendre.
Hier soir c’était la finale retour de la Copa Sudamericana (équivalent de la coupe UEFA en Amérique latine, d’après ce que j’ai compris), entre Colo-Colo et Pachuca. Colo-Colo est le club chilien le plus populaire, et Pachuca est un club mexicain.
Ainsi, les soirs de matches, et à plus forte raison ce soir-là pour cette grande finale, la Terre s’arrête de tourner au Chili. Les rues sont vides, les bars sont pleins, les télés sont toutes allumées, et c’est parti pour deux heures d’euphorie. Les hommes se transforment en mâles, la testostérone fonctionne à plein régime, chacun se raccroche au destin des 11 dieux vivants qui courent derrière le ballon. C’est magnifique.
Le football est la seconde religion, au Chili, et certainement la première en Argentine, d’après ce qu’on m’a dit. Celui qui ne porte pas le maillot de son équipe préférée n’est pas quelqu’un de normal, de même que celui qui n’a pas d’équipe préférée n’est pas un vrai chilien. Un match, c’est sacré, ça ne se rate pas, et ça se regarde avec les copains, voire avec la copine si elle accepte de faire ce sacrifice ou si elle fait semblant de s’intéresser à la chose pour faire plaisir.
En tous cas, c’est la maîtresse de maison qui doit prendre cher à chaque fois. En cas de défaite comme en cas de victoire, d’ailleurs (commentaire personnel que j’assume pleinement).
Pour la petite histoire, Colo-Colo a perdu la finale, après un score de 1-1 au match aller et une défaite 2-1 au match retour, hier soir à Santiago. « Se acabó el sueño » (c’est la fin du rêve), peut-on lire sur le site officiel de l’équipe chilienne, ce matin. C’est sans doute pour ça que j’ai bien dormi.